Cinémarseille

Un certain regard sur la ville

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Apprentis électriciens et… cinéastes !

Des apprentis électriciens de CFA scénaristes et réalisateurs, ça vous étonne ? Nous aussi ! C’est le pari audacieux que se sont lancés Virginie Mahé, professeur au CFA du BTP des Milles, ses apprentis, et Marie-Céline Ollier, réalisatrice et scénariste professionnelle. La projection officielle aura lieu le 18 avril 2015 au Camp des Milles.

« Ce que je vois », c’est le titre du court métrage qui a accouché de la rencontre inattendue entre des apprentis électriciens et le monde du cinéma. Du scénario au montage, Marie-Céline Ollier cinéaste professionnelle et Virginie Mahé, professeur de Français, ont fait le pont entre ces deux mondes différents. La matière première de ce projet est le Camp des Milles, le mémorial inauguré en 2012. 

Un pari fou

Virginie Mahé et Marie-Céline Ollier se sont rencontrées dans le cadre de Lycéens et Apprentis au Cinéma. De cette rencontre est née une envie : faire tourner un film à ces apprentis électriciens alors élèves de Virginie Mahé. C’était un « challenge » comme le dit la cinéaste, un défi à relever avec des jeunes qui ne sont pas familiers de l’écriture et de l’esthétique du 7ème art. « On ne se rendait pas compte de la charge de travail que cela représenterait, mais on s’est lancé, parce qu’on s’est dit que ça serait intéressant » explique Virginie Mahé. Les deux femmes sont unanimes : ce qui est le plus compliqué, c’est de demander à ces jeunes « davantage manuels » de passer à la réflexion historique et à l’écriture d’un scénario cohérent. « Vous savez, certains n’ont pas le background historique et culturel pour s’atteler à une telle tâche ! Nous tenions vraiment à ce qu’ils fassent tout eux-mêmes, de l’écriture, au tournage ». Aujourd’hui électricien, Clément, 25 ans, le confirme : « au niveau de l’écriture du scénario c’était pas facile on y a passé beaucoup de temps, mais on était tous contents d’y participer. On a appris des choses nouvelles : comment faire un film, puis l’histoire du site que je ne connaissais pas du tout ! Le sujet n’était pas gai, mais la semaine de tournage a été passionnante. »

Des conditions de tournage particulières

Pour les faire entrer dans le sujet, elles ont eu l’idée de passer par un media que ces jeunes connaissent bien : leur téléphone portable. Ils ont visité le camp et ont pris une photo de ce qui les interpellait. Une matière première qui leur a permis de monter une réflexion. Pour Virginie Mahé : « le scénario consiste en l’explication ou le récit de ce que leur évoque personnellement un endroit du camp des Milles vu à travers cette photographie ». Le travail s’est étalé sur deux ans. Le statut particulier des apprentis les oblige à partager leur temps entre le CFA et l’entreprise qui les forme. Un obstacle de plus qu’il a fallu gérer et appréhender. C’est ce qu’explique Virginie Mahé : « Au départ, ils étaient une petite douzaine à participer au projet, à la fin, soit 2 ans après que l’on eut commencé, ils n’étaient plus que 6 ou 7, mais ils étaient motivés et ils ont participé jusqu’au bout. » Le tournage en lui-même n’a duré qu’une semaine, fin juin 2014. Du matériel et des conseils de professionnels étaient mis à disposition. Mais Marie-Céline Ollier est formelle : « Ça a été compliqué de gérer avec le peu de temps que nous avions mais on a réussi ! Pour ma part, j’ai assuré un travail de supervision, je n’ai pas touché une seule fois à a caméra ». Le Camp des Milles a lui-même permis des conditions optimales pour la réalisation de ce projet en mettant à disposition les lieux. Il accueille d’ailleurs en ses murs la projection officielle le 18 avril 2015, en présence, entre autre, des apprentis, de leurs familles et des élus locaux. 

Pari gagné

2 ans de travail et une semaine de tournage plus tard, le film est fini. Il dure 23 minutes. Virginie Mahé parle avec émotion de ce projet : « le film n’est pas parfait, on voit que ce sont des amateurs mais ça tient la route… Il est beau, sincère et représentatif de leur travail ! » Elle dit également avoir été bluffée de l’aisance dont ses apprentis ont fait preuve avec un matériel qu’ils ne connaissaient pas. Pari gagné pour l’équipe. Virginie Mahé confie son ambition de diffuser et de faire connaître le film. « Pourquoi pas l’inscrire à des festivals ? » Elle a par ailleurs déjà eu une demande du lycée Paul Cézanne d’Aix-en-Provence qui souhaiterait en avoir une copie. « C’est un outil pédagogique intéressant que j’aimerais faire vivre et faire connaître » dit-elle.

Photo D.R

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Maeva Defroyenne Maeva Defroyenne • 16 février 2015


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