Cinémarseille

Un certain regard sur la ville

Sur la façade du Gyptis, l'artiste JR a affiché les photos des habitants du quartier

Au Gyptis, le cinéma pour tous

Depuis octobre, un nouveau cinéma a fait son apparition à la Belle de Mai. Nouveau ? Pas vraiment. Avant de rouvrir ses portes, le Gyptis avait été tour à tour un cinéma, créé en 1913, puis un théâtre à partir de 1987. La nouveauté, c’est le projet.

Car c’est la Friche de la Belle de Mai qui se cache derrière la réouverture du Gyptis. Le but : s’implanter davantage au cœur de son territoire. Un enjeu de taille pour l’ancienne usine, à qui l’on reproche souvent d’évoluer en marge de son quartier.

Pour Nicolás Roman Borre, coordinateur du projet Gyptis et membre du Comité d’Intérêt de Quartier de la Belle de Mai, c’est la différence de traitement entre le quartier et la Friche qui est à la base du sentiment de décalage et des aprioris dont elle est victime. En effet, le lieu culturel fait partie du projet Euroméditerranée. Il bénéficie donc de subventions, et voit ses initiatives artistiques soutenues. « Pour une population pauvre, il n’en faut pas plus pour dresser une frontière psychologique et créer une impression de décalage. »

Elitiste, la Friche ? Dans le quartier le plus pauvre de l’hexagone, l’installation d’un lieu culturel est-elle une initiative déconnectée de la vie et des besoins des populations ? Une chose est sûre, les habitants du quartier ne constituent pas son public principal. Et si la population du quartier ne va pas à la Friche, la Friche a décidé d’aller à elle. D’où l’idée d’implanter le Gyptis place Caffo, comme une antenne au centre même du quartier.

Mais pour attirer les habitants, il y a plus que la proximité. Le principal argument invoqué par Nicolás Roman Borre, c’est le projet tarifaire. Le tarif de base est en effet de 4€, et peut descendre jusqu’à 2,50€ pour les séances famille et jeune public.

Gyptis

Un cinéma pour tous les publics

Un cinéma pour réconcilier la Friche et son territoire ? Oui, mais pas que. Le cinéma s’est également investi d’une autre mission : celle d’accueillir les cinéphiles de la ville, pas forcément originaires du quartier. Car à Marseille, il n’existait jusqu’alors qu’une salle art et essai, l’Alhambra.

Ce public double constitue une contrainte supplémentaire pour Shellac, le programmateur du Gyptis, mais est aussi et surtout ce qui fait la richesse du cinéma. Les semaines thématiques réunissent une séance répertoire, qui propose au public de redécouvrir un vieux film en rapport avec le thème, des séances jeune public, une séance famille, et des séances « bonus », qui peuvent cacher rencontres avec les réalisateurs, expositions, ou d’autres surprises.

Nicolás Roman Borre parle d’un projet dans lequel tout le monde se retrouve : le CNC, la région PACA, la ville, mais aussi les associations et les collectifs du quartier. En somme, un projet « pour toutes les populations, ancré dans le quartier, mais sans se limiter à ses frontières ».

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Camille Paix Camille Paix • 18 janvier 2015


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