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Cannes : « Mediterranea », les migrations vues d’Italie

En compétition à la Semaine de la Critique à Cannes, « Mediterranea » de Jonas Carpignano traite de l’immigration et de l’esclavage moderne. Avec plus ou moins de réussite. 

Les boat-people. Ils ont été dans l’actualité pour de tristes raisons. Plus de 3 000 de ces migrants sont morts en Méditerrannée en 2014 selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations. Un désastre humanitaire, qui a entraîné beaucoup de reproches envers les médias, accusés de ne pas assez en parler. C’est donc le cinéma qui s’y colle, en mettant en scène deux immigrés Burkinabés venus chercher du travail en Italie… Et y réussit plus ou moins.

Parce qu’on ressort de ce film avec un sentiment d’incompréhension. Déjà, l’idée générale n’est pas claire. Histoire d’un voyage (à travers l’Algérie, la Lybie, l’Italie), film social (sur la condition difficile des migrants) ou récit de faits réels (le film rejoue les émeutes dont la ville Italienne de Rosarno a été le théâtre en 2010 après le meurtre de deux migrants) ? Les genres, les pistes de scénario, les intrigues se mélangent un peu, compliquées encore par des ellipses temporelles pas toujours judicieuses.

Mais « Mediterranea » a quand même le mérite de mettre sur le devant de la scène (Cannoise, qui plus est) un drame humain, l’histoire de ces personnes qui pour fuir la misère vont tout droit vers une mort certaine ou une misère encore plus grande, de ces personnes à qui on vend des chimères parce que rien ne peut être pire que leur point de départ. Le mérite de braquer les projecteurs sur ces migrants qui fuient l’extrême pauvreté et deviennent des proies faciles à la merci des passeurs et des braqueurs sur leur chemin, à la merci des éléments durant leur traversée de la Méditerranée, à la merci des employeurs peu scrupuleux, de la peur et de la haine des populations à leur arrivée en Europe. Et tout ça, assez sobrement, et avec une interprétation assez juste. Un bon début, mais certainement pas assez pour en faire un vrai bon film.

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Camille Paix Camille Paix • 25 mai 2015


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