Cinémarseille

Un certain regard sur la ville

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De Marseille à Ramallah, itinéraire d’un documentaire

Pourquoi Cinémarseille se mêle-t-il d’un documentaire sur Ramallah projeté en ce moment au festival de court-métrage de Clermont-Ferrand ? A première vue, la relation avec Marseille n’est pas évidente. Mais à y regarder de plus près, il se dessine plus d’une passerelle entre ce projet et la cité phocéenne.

La réalisatrice

Native de Marseille, Flavie Pinatel est une vidéaste et plasticienne diplômée des Beaux Arts. En 2014, elle présente une installation vidéo à la Galerie des grands bains douche de la Plaine. Et déjà son regard s’oriente vers les cultures méditerranéennes. Dans une série de portraits, elle s’efforce de mettre en lumière les liens qui unissent la France et l’Algérie.
La Palestine, elle la découvre dès 2008 en tant qu’assistante réalisatrice. Quelques années plus tard, elle retourne à Ramallah et s’immerge durant trois mois au cœur de la ville. De ce voyage naîtra son documentaire.

La boîte de production

Les producteurs de Films de Force Majeure ont déjà financé une dizaine de films  et ont notamment coproduit L’inconnu du lac d’Alain Guiraudie, prix de la mise en scène à Cannes dans la catégorie Un certain regard. Fondé en 2010 par trois producteurs de la région marseillaise, FFM s’est donné pour mission de « développer et de produire des courts et longs-métrages sans limite de contenu ni de format ». Son gérant, Jean Laurent Csinidis, est aussi à l’origine de la création de Catalogue du Sensible. Cette association est « dédiée à l’accompagnement d’artistes, ainsi qu’au développement, à la production, et à la diffusion d’œuvres relevant des arts visuels ». Et alors que FFM produit le film de Flavie Pinatel, Catalogue du sensible avait déjà accompagné son installation vidéo à la Galerie de La Plaine.

Le film

Des bergers font paître leurs moutons aux frontières de la ville tandis qu’aux bêlements des animaux se mêle le bruit des pelleteuses et des marteaux piqueurs. Telle est Ramallah, ville de contraste tiraillée entre ruralité et urbanité, entre archaïsme et modernité. En 30 minutes, la réalisatrice nous expose sobrement, en plans fixes, sans commentaires, les contrastes d’une ville en pleine mutation. Les nuits sont agitées, les boîtes de nuit pleines à craquer, la population bigarrée vibre au rythme de la musique électronique puis au matin, alors que la brume recouvre les collines,  le chant du coq retentit tandis qu’un vieil homme libère ses chèvres de leur enclos. Contraste encore entre ces vieillards qui, dans un bar, jouent à des jeux de cartes que l’on devine ancestraux et ces adolescents qui eux se divertissent dans une salle de jeux vidéos. La ville est pétrie de contradiction mais pour autant il se dégage un sentiment de vitalité univoque. De l’aveu même de Flavie Pinatel, Ramallah est parfois semblable à « Marseille, vivante et colorée ».

« Ramallah » a été sélectionné dans le cadre d’une programmation dédiée à la Palestine.

Photos : D.R.

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Boris Loumagne Boris Loumagne • 2 février 2015


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